Parents fusionnels : et le couple dans tout ça ?
Pour les parents dits fusionnels, être père ou mère est bel et bien «un métier à temps plein». Si bien qu'il leur arrive d'oublier, en chemin, qu'ils avaient une vie avant. Une vie et surtout, un partenaire amoureux. Et quand l'enfant prend trop de place, c'est (aussi) le couple qui trinque. Le point avec Angélique Vandenhende, psychologue.

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Difficile, lorsqu’on est parent, de trouver le bon équilibre entre l’amour qu’on porte à ses enfants, le désir de les protéger et la nécessité de les laisser vivre leur vie sans oublier de vivre la nôtre. Un équilibre duquel dépend pourtant l'harmonie de chacun, notamment celle du couple. Pourtant, certains parents semblent avoir bien du mal à couper le cordon, mettant leur enfant au centre de tout et excluant volontiers le reste de l'univers, en commençant par leur partenaire. En quoi ces parents fusionnels sont ils un obstacle, non seulement à l'épanouissement de leur enfant mais aussi et avant tout à celui de leur propre couple ? Explications avec nos témoignages et l’avis d’une psychologue, Angélique Vandenhende.
La chair de ma chair
La relation fusionnelle se définit, selon A. Vandenhende, "comme une relation affective dans laquelle les deux personnes ne parviennent pas à se différencier l’une de l’autre. Cette relation existe de façon classique dans les débuts de la vie de l’enfant entre le bébé et sa mère, qui crée un lien privilégié avec son enfant dès la grossesse. La présence du père vient atténuer cette relation en se positionnant par rapport à son enfant et sa femme comme objet de désir pour reformer le couple homme/ femme. La mère doit pouvoir se retrouver en tant que femme et ne pas juste rester dans la dynamique de mère, elle doit retrouver son identité sexuée et désirable dans les yeux de son conjoint. De plus, la séparation de la mère est nécessaire au développement de l’enfant et à son individualité."
Pour Léa, 32 ans, les mois et les années qui passent n'ont pourtant rien changé : "Depuis la naissance de mon premier enfant, j'ai l'impression que je ne sais plus rien faire d'autre que d'être mère. J'ai même quitté mon travail pour me consacrer pleinement à eux... Léa invoque l'insécurité du dehors pour expliquer son comportement, elle veut bien faire, protéger ses enfants, leur éviter de souffrir à tout prix, mais au final, elle le dit elle-même, "tout le monde en souffre. Mes enfants sont timides, réservés, ils ont du mal à aller vers les autres et mon couple bat de l'aile..."
Fragile équilibre que celui d'une famille : un grain de sable en trop et voilà que se met à grincer la mécanique : "C'est simple, nous n'avons plus aucun moment d'intimité tous les deux, explique Greg, son mari : les enfants sont au centre de tout et ont toute son attention, au moindre petit cauchemar, Léa tient à les faire dormir avec nous..."
Toutefois, tient à préciser A.Vandenhende : "La relation fusionnelle peut également exister entre un père et son enfant, le plus souvent il s’agira de sa fille, la même dynamique de dyade est mise en place et encore l’intervention d’un tiers est nécessaire pour rompre ce processus et retrouver une harmonie de couple où l'enfant pourra s’épanouir entre deux parents et un couple aimant."

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Un couple au sein du couple
Marika est divorcée, elle a 42 ans. De son premier mariage, elle n'a rien voulu garder, désireuse de repartir, dit-elle, "de zéro" avec Ludovic, l'homme qui partage aujourd'hui sa nouvelle vie. Rien, sauf, détail important : sa fille, Emma. Emma a 14 ans et il ne se passe pas une heure sans qu'elle et Marika s'appellent, pour un oui ou pour un non. Marika avoue d'ailleurs sans détour : "Si Emma n'avait pas apprécié Ludovic, je l'aurais quitté." Une situation que Ludovic peine à gérer au quotidien. "Je me sens exclu. Et puis, c'est très délicat, Emma n'est pas ma fille, et quoi que je puisse dire ou faire, cela risque d'être mal interprété... Je suis l'intrus, et parfois je me dis que je le resterai toujours..." Un scénario classique dans le cadre de familles reconstituées ou monoparentales, comme l'explique A Vandenhende : "Dans notre société, où les familles monoparentales se multiplient, le cas du parent seul soulève le risque de relation fusionnelle. Le fait de chercher à combler le manque affectif découlant de l’absence d’un des deux parents est au cœur des questions des parents séparés. Cette fusion est légitime dans un premier temps mais elle ne doit être que transitoire pour l’équilibre psychologique de chacun."
Vos commentaires
Invité | m6 recherche
Pou
Invité | Sexué ?
Et quand l'être qui doit redevenir sexué n'était pas très sexué avant l'enfant, y se passe quoi ??? La psy doit sûrement le savoir ?
Invité | Oui oui
Tout à fait d'accord avec A Vandenhende, la fusion doit être un état transitoire, je dirais même expéditif. Il faut avancer le plus vite possible, passer à autre chose et surtout ne jamais se retourner. Jamais. Refaire sa vie, c'est facile même avec un enfant en bas âge. Surtout quand on est jeune.
marcopio | protecteur
je ne me dirais pas fusionnel avec mes filles, mais plutôt protecteur! on n'est pas forcément objectif lorsqu'on est un papa et que l'on a de belles filles. L'important est de trouver un équilibre entre les enfants et les deux parents.
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Invité | M6 recherche
Je suis journaliste et travaille sur la nouvelle émission de Karine Lemarchand.(les maternelles france 5).Nous préparons une série de documentaires sur le thème de la famille et recherchons des témoignages de parents fusionnels avec leurs enfants.Vous pouvez me contacter pour de plus amples informations au 01 43 17 99 35 / 06 82 90 92 27 ou sur clavie.famille@gmail.com.
Cordialement.
Maud