Parents : quand les avis divergent sur l'éducation
En grandissant, les enfants se mettent à entreprendre toutes sortes d’expériences. Les parents sont là pour les guider, les conseiller, et aussi pour interdire. Mais quand papa n’est pas d’accord avec maman sur l'éducation, que fait-on ? On met toute la famille sur le divan…

© iStock
Parce qu’être parents, ça ne s’apprend pas avant, ça se vit au jour le jour, et parce que le mode d’emploi n’est jamais livré à la naissance, tous les parents sont un jour confrontés à des désaccords sur l’éducation qu’ils souhaitent donner à leur progéniture. Que ce soit pour une simple interdiction d’aller jouer chez un copain, à des valeurs religieuses ou morales que l’on souhaite transmettre, en passant par des chemins de vie que l’on veut parfois imposer, on avait beau s’entendre sur beaucoup de points avant les enfants, on ne peut pas être d’accord sur tout, du nourrisson à l’adolescence. Et si certains carcans voudraient laisser croire que les rôles de la mère et du père sont bien définis à l’avance (mère aimante, père autoritaire) les choses évoluent tout naturellement. Mais quand les parents ne sont pas d’accord sur l'éducation, ce sont souvent les enfants qui en font les frais. Trouver l’équilibre parfait ne s’invente pas, mais peut néanmoins s’apprendre !
Le jeu de la balle
Evidemment, les choses se corsent lorsque les enfants grandissent. Premier cas de figure étudié, le système du renvoi de balle ! Quand l’enfant demande quelque chose, on va systématiquement lui dire de s’adresser à l’autre parent. De même quand l’enfant est en train de faire une bêtise, on va appeler l’autre à la rescousse avant d’agir ! C’est ce que nous racontent Ingrid et Nicolas, parents d’Emma, 9 ans, et Clovis, 11 ans. "Quand Clovis me demande s’il peut aller jouer ou dormir chez un copain, explique Ingrid, je n’arrive pas à lui répondre oui ou non. Parce qu’en fait, je ne sais pas si c’est normal ou pas de le laisser faire. J’ai reçu une éducation très stricte, sans aucune liberté. Je ne veux pas reproduire le même schéma avec mes enfants, mais je ne veux pas non plus tomber dans l’extrême inverse. Je n’ai pas vraiment de repère. Donc, je réponds systématiquement : demande à ton papa !".
De son côté, Nicolas, ne comprend pas les réactions d’Ingrid : "Je ne veux pas avoir le beau ou le mauvais rôle tout seul sur l'éducation. Interdire ou donner la permission. Je veux qu’Ingrid en soit capable aussi. Donc, je renvoie la balle. Quand c’est à moi que Clovis ou Emma demandent quelque chose, je leur donne mon accord ou mon désaccord en leur disant d’aller demander à leur mère. Et quand nous sommes tous les deux présents et qu’ils demandent, ils me regardent systématiquement pour attendre la réponse. Ce n’est pas normal. J’aimerais que les rôles soient mieux définis entre Ingrid et moi. Mais dès que nous abordons le sujet, ça la met dans un état incroyable. Elle se reproche d’être une mauvaise mère, incapable. Alors je laisse couler."
Ce cas de figure présente bien les conséquences que ce genre de désaccord peut avoir sur les enfants. Ingrid ne tient pas son rôle de mère dans les décisions qui les concernent, ce qui peut laisser présager plus tard, d’un manque de respect ou de reconnaissance vis-à-vis d’elle. Lorsque les enfants entreront en phase conflictuelle avec leurs parents, Ingrid n’ayant jamais décidé de rien concernant leur éducation, ils risquent naturellement de ne plus faire appel à elle. Comme elle le dit si bien , son problème réside dans la propre éducation qu’elle a reçue. Sans repères, il est difficile pour elle d’en créer. Avoir peur de passer pour un "monstre" aux yeux de ses enfants en disant non, ou à l’inverse avoir peur de passer pour trop laxiste aux yeux de son mari, relève très certainement d’un manque de confiance en elle. C’est là-dessus qu’Ingrid est appelée à réfléchir, puisque ce ne sont ni ses enfants, ni son mari, qui pourront "refaire" son éducation, et l’aider à retrouver ses repères.

© iStock
Le jeu du qui est qui
Si les rôles ont été prédéfinis il y a des centaines d’années (la mère s’occupe du foyer et des enfants, le père fait vivre le foyer et impose son autorité), on le sait aujourd’hui, ils ont évolué et parfois même se sont inversés. Tellement inversés d’ailleurs, que les parents autant que les enfants ont du mal à s’y retrouver. C’est le cas de Patrick et Annie, parents d’Adrien, 16 ans. "J’ai toujours été la mère autoritaire qui dit non à presque tout, et qui punit son enfant, explique Annie. J’ai pris ce rôle dès le départ, parce qu’il faut le dire, ma mère était comme ça avec moi et je trouve que cela m’a plutôt bien servi dans mon existence. Cette rigueur, cette autorité."
Jusqu’ici, pas de souci ! Chacun est bien libre d’éduquer son enfant comme il le souhaite. Le souci, c’est pour Patrick qu’il se pose et par là-même pour Adrien. "Je n’ai clairement jamais vécu ma paternité comme je l’aurais voulu, raconte Patrick. Dès le départ, en observant l’autorité qu’exerçait Anne, cela m’a rendu très laxiste. Je ne voulais pas qu’Adrien soit brimé et n’écoute que des réprimandes. Seulement, je n’ai pas vraiment mon mot à dire ! C’est Annie qui décide et Adrien le sait. Je ne veux pas dire que normalement, ce serait à moi de tout décider, je crois que ça se fait ensemble, mais la logique voudrait quand même qu’en tant que père, je sois la figure autoritaire. Je me demande si à terme, pour Adrien, ça ne va pas créer une confusion dans son esprit sur le rôle de la femme et de l’homme dans la société. Je sais qu’il les respectera mais j’ai presque peur qu’il devienne une "lavette". Je n’arrive pas à m’imposer face à Annie sur son éducation, alors quelle image Adrien peut-il avoir de moi ?".
Et Patrick a sans doute raison. Si les rôles étaient définis comme cela depuis la nuit des temps, ce n’est peut-être pas pour rien. Heureusement bien sûr, que les choses évoluent ! Les pères peuvent aussi être dans l’affectif, les mères dans l’autoritaire, de même qu’un homme peut se lever la nuit pour nourrir son bébé ou changer une couche ! Cependant, que les rôles soient complètement redistribués en faveur d’Annie qui gère tout, et n’a l’air de fonctionner que dans les rapports d’autorité, cela risque en effet de semer la confusion des genres dans l’esprit d’Adrien. Ne jamais avoir affaire à son père pour les décisions qui le concernent, place en effet l’image de l’homme en dessous de celle de la femme. Et dans un sens comme dans l’autre, ce n’est jamais bon. Adrien a besoin d’un père, qui lui dise non ou oui aussi. Ce serait évidemment à Patrick de reprendre son rôle vis-à-vis d’Annie.
Vos commentaires
Invité | Toujours d'accord...
Nous sommes toujours sur la même longueur d'onde quand il s'agit des enfants... par contre sur la pluie et le beau temps pas du tout... nous sommes deux opposés donc très différents... Muriel B
Invité | pas facile
quand on est pas d'accord. Surtout devant les enfants, on perd de notre crédibilité. Fine analyse.
Invité | avec ma femme
on a eu plusieurs désaccords importants au sujet de l'éducation de nos 2 filles. Mais au moins ça nous a permis de discuter, d'envisager un grand nombre de points de vue. Et au final, on finissait par tomber d'accord sur une décision finale, même si ça prenait plus de temps que dans d'autres familles !
Commenter l'article *
* Tout commentaire est soumis à validation par notre équipe et peut être supprimé.
PUBLICITE
Recherche rapide
Tapez les 3 premières lettres







Envoyer à un ami
Imprimer l'article
Commenter l'article
Flux RSS
Le Journal du Couple en page d'accueil
Ajouter à mes favoris
Recommander ce site à un(e) ami(e)
Flux RSS
Rejoindre notre communauté
Invité | que faire
l'entente entre moi et le pére ( mon époux ) disparait de plus en plus à cause de l'education de notre enfant unique ! il ne permet presque rien je permets des choses avec controle ' le pére s'insurge quand il se rend compte il se sent dépassé ' je considére que trop de contrainte méne à l'éloignement de l'enfant " Qui a tort qui a raison ! les jours avancent difficilement