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Ce besoin de tout contrôler

Besoin de tout contrôler, stress, anxiété, certaines personnes ne s’autorisent aucun break pour décompresser. Conjoints, enfants mais aussi collègues ou amis, rien ni personne n’échappe à leur besoin de planification et à cette volonté de maintenir tout sous leur entier contrôle. Ce trouble psychologique peut provoquer d’importants dégâts. Avec la participation de Catherine Cudicio, psychanalyste et coach.

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Ce besoin de tout contrôler
© istock

"L’imprévu est quelque chose qui m’effraie, j’ai besoin que tout se déroule comme je l’ai décidé à l’avance, que ce soit pour moi ou pour Ludovic." Claire, 26 ans, est consciente du "mal qui [la] ronge" mais c’est plus fort qu’elle et elle ne peut s’empêcher de vouloir tout maintenir sous son entier contrôle, dans sa vie comme dans celle de son compagnon Ludovic, 32 ans. "Chaque détail a son importance pour elle, des choses auxquelles les gens ne pensent même pas sont des motifs de stress", poursuit celui avec qui elle vit depuis maintenant trois ans. Claire souffre d’un problème de plus en plus répandu aujourd’hui. En vraie citadine, elle court sans cesse après le temps et cherche constamment à l’optimiser. Pour Catherine Cudicio, psychanalyste et coach, "ce besoin de tout contrôler s’inscrit dans l’anticipation : la personne n’est pas présente dans le temps réel mais agit comme si des événements futurs et par définition imprévisibles s’étaient bel et bien produits. Évidemment, ce ne sont que des catastrophes..."

Un besoin nocif : le stress du contrôleur

Cette attitude se manifeste par un perfectionnisme exacerbé, une insatisfaction chronique et un dirigisme à en faire pâlir les plus grands dictateurs. Un comportement particulièrement contraignant au quotidien aussi bien pour l’intéressé que pour son entourage. "On ne reçoit pratiquement plus d’amis aujourd’hui, explique Ludovic, parce qu’à chaque fois que quelqu’un doit venir, surtout s’il prévient au dernier moment, Claire se met dans un état de stress incontrôlable." Stress et anxiété, sont les compagnons de route des personnes comme Claire et souvent des causes autant que des conséquences du besoin de tout contrôler. Pour Catherine Cudicio, "le besoin de tout contrôler peut être compris comme l’expression d’une peur existentielle. Contrôler c’est affirmer son pouvoir, c’est se donner de l’importance, cela rassure tandis que “perdre le contrôle” apparaît comme dangereux et menace la perception même de sa propre identité." Il devient alors impossible d’accepter la personnalité des autres. Les personnes atteintes de "contrôlite" préfèrent l’image qu’elles ont des autres et s’efforcent de les forger en fonction de celle-ci.

Cette volonté, parfois violente, de vouloir conformer les gens à ce que l’on voudrait qu’ils soient peut très vite basculer dans le harcèlement psychologique. Dans la vie professionnelle comme dans la vie privée, les personnes voulant tout contrôler utilisent souvent tous les moyens pour arriver à leurs fins. La frontière entre la volonté qu’a chaque personne d’obtenir ce qu’elle désire et l’abus de pouvoir, voire même le harcèlement psychologique, est parfois franchie. Ludovic le reconnaît, "Claire use beaucoup trop souvent de chantage pour obtenir ce qu’elle veut." Dans le cas de Claire, le besoin de tout contrôler s’applique aussi bien à sa vie qu’à toute personne y prenant une place. Chaque comportement est analysé, disséqué, interprété pour ne laisser aucune place à l’imprévu, à l’effet de surprise et surtout à son ennemi n°1 : le doute.

Ce besoin de tout contrôler
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Plus je contrôle et moins je contrôle

Pourtant, le paradoxe des personnes comme Claire est que leur vie est construite sur ce qu’elles redoutent par-dessus tout, l’incontrôlable. Plus on veut contrôler de choses et plus on s’aperçoit que beaucoup échappent justement à notre contrôle. Un cercle vicieux dont il est bien souvent très compliqué de sortir. "Comme il est impossible de réellement tout contrôler et comme tôt ou tard il faut bien constater que ce combat est perdu d’avance, cela génère et perpétue de lourdes inquiétudes", explique Catherine Cudicio. Il s’agit alors d’analyser les causes du mal pour repartir de l’avant. "Le besoin de tout contrôler s’ancre dans le manque de confiance en soi, l’attitude physique se caractérise par le repli et l’attention est centrée sur soi comme pour mesurer ou se repaître des méfaits supposés de l’autre, continue la psychanalyste. Quand le regard se porte sur l’autre, c’est pour ne lire que des manquements possibles au contrôle." Un manque de confiance en soi souvent interprété comme de la suffisance.  

Tout contrôler, un gage de sécurité

Le besoin de tout contrôler est dans bien des cas issu d’un autre besoin, celui de se sentir en sécurité. Comme nombre de troubles psychologiques, on y trouve des raisons dans l’enfance. "Mes parents ont divorcé et immédiatement ma mère s’est mise à me surprotéger. De mon côté, j’ai réagi de la même façon avec ma petite soeur", témoigne Claire. Ludovic ajoute, "moi aussi ma mère m’a trop couvé pendant mon adolescence et si à l’époque je me rebellais par rapport à ça, aujourd’hui je me retrouve avec une femme qui agit de la même manière avec moi ." Un équilibre précaire, si bien que le couple vit souvent des périodes de turbulences. "Je pensais qu’avec le temps les choses s’arrangeraient, précise Ludovic, mais en fait ça empire." Un cas de figure bien connu de Catherine Cudicio, car si Ludovic n’oppose aucune résistance, les exigences de Claire, éternelle insatisfaite, iront croissantes. "Le partenaire doit refuser de se laisser surveiller, et s’opposer calmement à toute intrusion. Tout ce qui joue en faveur de l’affirmation de soi, de la confrontation pacifique mais ferme peut s’imaginer. L’idée c’est que le “contrôleur” ne peut pas faire confiance aux autres tant qu’il n’a pas appris à se faire confiance. Il doit aussi apprendre à admettre les différences de l’autre sans se sentir menacé."

Dans les phases de transition que traverse périodiquement un couple, ce défaut s’accentue. "On peut dire que toute situation où l’on est en perte de repères et en manque de confiance en soi pourrait susciter un besoin intense de se rassurer", précise Catherine Cudicio. S’il n’existe pas de remède miracle, il est bien évident qu’il est possible de se soigner afin de savoir prendre sur soi autant pour son bien-être personnel que pour celui de son entourage proche. Pour la psychanalyste, "il s’agit de déconstruire les croyances qui entretiennent ce besoin et revenir à des repères réalistes." Thérapie, coaching ou encore séance de relaxation, toutes sortes de méthode permettent d’apprendre progressivement à lâcher prise et prendre plus de distance par rapport aux différents évènements du quotidien. L’épanouissement personnel autant que celui du couple en dépend.

Benjamin Postaire   5 commentaires   Retour en haut de page
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Vos commentaires

Invité | sahra

Invité | poplo

fanfan77 | perso

l'imprevu n'est pas mon ami ,il faut vraiment que je vois tous les aspects ,les details sinon je panique

pod270979 | Aie aie aie...

Je pense que ce besoin de tout contrôler est le signe d'unmanque de confiance en soi et de confiance envers l'autre. Savoir déléguer, c'est montrer que l'on a confiance.

Invité | comment faire?

ces articles sont trés vrais, je me retrouve dans tous ces cas et c'est vraiment trés dur pour moi d'établir des relations avec des gens. C'est épuisant et malgré mes efforts je me sens toujours aussi mal et mon grand manque de confiance en moi n'arrange rien. J'aimerais savoir comment faire pour aller mieux.

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