Politique : un couple raconte
Même au sein du couple, la politique peut parfois mettre le feu aux urnes, surtout lorsqu’on n’est pas du même bord. A l’occasion des élections municipales, Stéphane et Charlotte, trentenaires vivant en couple depuis cinq ans, nous font pénétrer le secret de leur isoloir.

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Quelle place tient la politique dans votre vie et votre couple ?
Stéphane : Je me suis toujours intéressé à la politique. Dans ma famille, les échanges étaient très vifs lors de chaque élection. Du coup j’étais déjà assez passionné avant même d’avoir le droit de vote. Je crois que je n’ai presque jamais raté une élection. C’est très important pour moi.
Charlotte : J’ai baigné dans la politique depuis mon enfance, mon père a fait de la politique. Je ne rate pas une élection et dans la mesure du possible je regarde tous les débats. Mon père m’a appris à prendre un certain recul pour analyser une situation.
Quelle est votre conception du citoyen ? Est-il primordial de voter ? De boycotter parfois ?
Stéphane : Boycotter certainement pas ! Pour moi le droit de vote est un privilège et même si les candidats ne me reviennent pas, je pars du principe qu’entre deux maux il faut choisir le moindre. La démocratie n’est pas le système parfait, mais j’estime que mon devoir de citoyen, c’est d’exprimer ma voix, en toute circonstance.
Charlotte : A chaque fois que je vais voter, je suis trop fière. Je mesure à quel point cet acte citoyen est important pour notre société, son avenir et son équilibre. Il y a tellement d’endroits dans le monde où les élections sont une mascarade, qu’il faut préserver ce devoir et le transmettre à ses enfants. Pour moi, être citoyen, c’est être responsable et s’impliquer dans la vie politique de notre société quelles que soient ses idées.
Avez-vous été, ou êtes-vous engagé(s) politiquement, dans un parti ou une ONG ?
Stéphane : Non. J’ai failli prendre la carte d’un parti quand j’étais plus jeune, mais je me suis ravisé. Et je pense que j’ai bien fait. Par contre je n’exclus pas de m’engager dans une association. J’y pense de plus en plus, en fait.
Charlotte : Je me suis engagée une fois dans un parti pour soutenir mon père dans une élection. Je n’avais pas la carte du parti. J’étais jeune et je voulais me laisser du temps pour réfléchir à mon engagement… Une association, OUI. Je réfléchis à la formule qui va correspondre avec ma vie. Pour moi, s’impliquer dans une association, c’est sur du long terme. C’est un engagement moral et je ne veux pas le prendre à la légère.
Pensez-vous qu’en la matière, on doit rester toujours fidèle à ses idées, ou que celles-ci peuvent évoluer au fil du temps et au gré des circonstances ?
Stéphane : Je pense que les idées peuvent évoluer, bien sûr... On a vu des gens de gauche passer à droite avec le temps (rarement l’inverse). Mais dans l’ensemble je crois qu’il faut rester fidèle à certaines "valeurs", bien que je n’aime pas ce mot. Je n’aime pas les gens qui retournent leur veste à chaque élection… Mais j’imagine que c’est assez fréquent.
Charlotte : Un homme politique a le droit de changer d’avis ou de collaborateurs. On n’a pas le même jugement à 20 ans qu’à 50 ans. Certaines idées peuvent évoluer au cours d’une vie. Tout dépend des circonstances. Mais globalement je pense qu’on garde le même cap.
Comment vous êtes-vous fabriqué votre "culture politique" ?
Stéphane : Comme je l’ai dit, je viens d’une famille où on parlait pas mal politique, souvent avec passion, car les avis étaient souvent très partagés ! Je ne peux pas nier que mon environnement a joué dans ma culture politique, qu’il m’a forgé des repères… Mais aujourd’hui j’ai pris mes distances avec cela, je me suis fait mes propres idées en lisant, en m’intéressant à l’Histoire et aux hommes. En écoutant les autres, aussi. Je pense qu’on ne cesse jamais d’apprendre.
Charlotte : Mon père m’a initiée à la politique et m’a appris beaucoup de choses. De plus, ayant vécu ou voyagé dans différents pays et pas tous démocratiques, j’ai pu comparer les différents systèmes et l’impact que ça peut avoir sur les gens. Des conflits peuvent être réglés par la politique et du coup la vie des gens. Tout ça m’a sensibilisée à la vie politique et je m’y intéresse plus que jamais avec tout ce qui se passe dans le monde.
Vos commentaires
Invité | ça va
il ne s'agit pas d'un cas extrême. Mais sinon, j'ai du mal à penser qu'on puisse partager sa vie avec quelqu'un qui a des idées politiques diamétralement opposées. Quand l'un pense "social" et l'autre pense "capitalisme et profit" par exemple, il doit y avoir des problèmes au quotidien, des tensions, rien que pour gérer le portefeuille du couple par exemple.
Invité | élections
Bravo pour ce portrait. Il permet de voir qu'il y a des couples qui se respectent ce qui n'est pas toujours le cas. Dans mon couple, j'ai l'impression qu'on s'influence mutuellement.
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nagoya | drôle de soirée
il fallait nous voir mon mari et moi, le soir du 2ème tour des présidentiels.. L'un avait voté Sarkozy et l'autre Royal... je vous laisse imaginer la bonne soirée que l'on a passé, entre la jubilation de l'un et les larmes de l'autre !