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Pourquoi ma femme me rappelle ma mère ?

Ma femme me rappelle ma mère ! Un vieux cliché voudrait que les hommes cherchent à leur insu une mère de substitution, rassurante et valorisante, chez la femme qui partage leur vie. Entre l’idéal de la femme parfaite et le fantasme de la femme objet, ces messieurs y perdent parfois leur latin. Pour nous aider à traduire, Catherine Cudicio, psychanalyste, dégaine le Gaffiot du cerveau masculin.

5 commentaires   Note: 2.83
Pourquoi ma femme me rappelle ma mère ?
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Dans un de ses sketches, la comédienne Florence Foresti parodie avec talent les femmes qui se mêlent sans arrêt de ce que fait leur partenaire : "Fais pas ça, mange pas ça, va pas là-bas, tu vas prendre froid, enlève tes doigts ! Et après ça… Mais je suis pas ta mère !" Derrière le trait forcé de l’humoriste, chacun peut reconnaître un jeu de rôles vieux comme le monde : les femmes qui ont tendance à infantiliser leur conjoint, et l’homme qui se soumet volontiers à ce pli. Il faut dire qu’on a souvent répété que derrière ses pulsions de prédateur, qu’il a tant de mal à réprimer face aux courbes les plus affolantes qui passent à sa portée, l’homme ne serait, au fond, qu’en quête de sécurité. Il chercherait (à son insu bien souvent) chez l’élue de son cœur, une maman de substitution, voire une copie carbone de sa propre mère. Quelqu’un qui s’occuperait de lui, le rassurerait, le valoriserait. Qui lui ferait de beaux enfants, de bons petits plats, dans un intérieur douillet… L’homme est-il donc cet éternel enfant qui a besoin d’être cajolé, ce bagarreur de cour d’école qui a besoin qu’on lui dise qu’il est le plus fort ? Il se murmure même que bon nombre d’entre eux ont secrètement "besoin" d’être grondés et remis dans le droit chemin – ce dont certaines femmes s’acquitteraient volontiers.

Œdipe dit peu

Clichés ? Balivernes ? Evidences ? On en voit d’ici ricaner, et d’autres sortir leur petit Freud ou Lacan illustré. L’inconscient à la rescousse ! Œdipe, moi ? Jamais ! Pour tâcher d’y voir plus clair et démêler le vrai du faux, nous avons interrogé la psychanalyste Catherine Cudicio. En vraie spécialiste du couple, elle nous fait profiter de son expérience, elle qui a vu passer bon nombre de cas, tous particuliers, et pourtant si proches… Comme si nous reproduisions, malgré nous et à travers les générations, des schémas invariables. Selon Catherine Cudicio, il faut moins y voir une donnée psychologique ("complexe d’Œdipe" ou recherche inconsciente du parent vénéré) qu’une tendance sociologique – la reproduction réconfortante d’un modèle parental éprouvé. La vraie complexité réside aujourd’hui dans le fait que notre environnement sociétal modèle nos référents conscients ET non conscients. Cela donne un homme qui bien souvent, craque pour les plastiques de rêve mais aspire à bâtir avec une partenaire sécurisante – et qui est bien souvent incapable de jumeler les deux. Ou une femme qui cherche un héros pour la sauver en même temps qu’un grand enfant à materner…
Alors, en 2008, que valent ces schémas ? N’est-il pas temps de bousculer une fois pour toutes les vieux modèles ? Allo maman, plus de bobo, la parole est à Catherine Cudicio.

Pourquoi ma femme me rappelle ma mère ?
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Catherine Cudicio, accréditez-vous l’idée communément répandue selon laquelle les hommes (un certain nombre d’entre eux, du moins), même inconsciemment, font de leur mère leur référent, ou leur contre-modèle, dans leur rapport avec les femmes ?

Que l’on soit homme ou femme, la mère joue un rôle de référence, personne n’en doute. L’enfant se construit dans la relation à sa mère, et à son entourage, il apprend des façons de se comporter, de communiquer et de jouer son rôle. Cet apprentissage comprend aussi le repérage du territoire des proches avec lesquels il interagit (frères, sœurs, grand parents, oncle, tantes, amis…) et surtout de la mère. C’est donc parfaitement normal que la mère tienne un rôle important dans les références, maintenant, rien n’interdit d’évoluer…

De façon générale, pensez-vous que les hommes "recherchent" une mère, ou leur mère, à travers leur femme ? Au-delà de l’attirance physique, des ardeurs de la passion, quelles sont leurs véritables attentes en amour ?

Beaucoup d’hommes mettent la confiance au premier rang de leurs attentes, il peut s’agir en effet de la prolongation d’une relation filiale. La simplicité, la tranquillité, pas de prise de tête, disponibilité sont aussi des critères fréquents. Incontestablement, beaucoup cherchent dans l’amour un soutien affectif inconditionnel…

Ce besoin, d’où viendrait-il ? Besoin d’être sécurisé, valorisé, voire glorifié ? Infantilisé peut-être ?

C’est un cas assez typique de course au paradis perdu ! La mère douce et aimante reste une figure très valorisée de l’imaginaire collectif, elle n’a d’attention que pour son bébé, l’amour est fusionnel, total, et pourtant il faudra quitter cet état pour s’accomplir. En même temps, il me semble qu’un homme épanoui a plus envie de partage que de sécurité. Quand on attend de l’autre un amour sécurisant, cela indique qu’on ne parvient pas à se rassurer soi-même soit qu’on veuille rester enfant, soit qu’on n’a pas appris comment faire…

Y a-t-il le cas inverse, d’hommes qui sont attirés par des femmes qui sont aux antipodes de leur mère, ou de ce que leur mère "aurait souhaité pour eux" ?

Mais c’est toujours faire référence au même modèle ! Certains hommes se sentent dépossédés de leur enfance et vont parfois jusqu’à se construire une représentation maternelle idéalisée, ou trouver au gré de leurs rencontres une femme qui deviendra une sorte de mère de substitution.

Mathieu Doumenge   5 commentaires   Retour en haut de page
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Vos commentaires

pod270979 | C'est vrai...

Il y a toujours une part de notre mère dans la femme que l'on choisit. On ne recherche pas forcément cela mais dans le caractère de notre femme il y a un trait de caractère qui peut nous rappeler notre mère même si on ne le savait pas au début. Je crois que c'est normal et de toute façon, les femmes aiment materner. Après, il faut trouver le juste milieu et que cette relation ne se transforme pas en mère/enfant mais que l'on sache garder notre couple dans le "droit chemin" c'est-à-dire le bonheur de vivre ensemble et de s'aimer.

Invité | Très bon article

Bravo, ton article m'a beaucoup plu. Je suis une femme mariée de 35 ans. Il faut essayer de trouver un bon équilibre avec son conjoint. Que chacun y trouve son compte et garde son espace de liberté. Que lorsque l'on devient mère, garder à l'esprit que sans COUPLE il n'y a plus de famille.
Ma devise: rester vigilante, me remettre en question très souvent et en parler avec l'autre...

Invité | très bon article merci

j'ai 33 ans, et je dois dire que votre article m'a interpelé. J'ai épousé une femme qui effectivement m'encadrait: range! nettoie! arrête! attention! mais toujours aux petits soins pour moi. A l'époque, je pensais que ma femme serait une bonne épouse et une bonne mère. Je l'ai trompé durant des mois avec une autre femme avec qui c'était la fougue au lit. Nous sommes séparés aujourd'hui ma femme et moi et je me dis que j'ai brisé sa vie alors que j'aurais pu l'eviter si j'avais eu conscience de tout ça. J'ai pris modèle sur mes parents, un couple sans histoire mais sans aucune passion. Jamais un geste d'affection entre eux. Mais ils étaient là l'un pour l'autre et pour leurs enfants. Quelle tristesse. On a qu'une vie, il faut la vivre à fond et se détacher de ces carcans sociaux et moralisateurs qui voudraient qu'on ait la maman d'un côté et la putain de l'autre comme vous dites, alors qu'on peut avoir les deux en même temps.

Invité | très paradoxal

les hommes râlent après les femmes chiantes qui ralent et leur donnent des ordres, mais au final, ce sont celles là qu'ils epousent. ils epousent maman, sont malheureux après et vont chercher ailleurs. ils devraient reflechir avant. je suis un homme, j'ai eu une relation avec une femme-maman. Mais heureusement pour moi, je n'ai pas fait cette connerie de rester avec elle. des mamans on en a qu'une! pas besoin d'une deuxième. Patrice

blackswan | Un idéal de femme

Quand notre mère forge pendant notre enfance l'image absolue de la femme, il peut être en effet difficile de s'en détacher quand on recherche la femme de notre vie qui réussira à nous combler, à tous les niveaux...

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