Sado-maso : le bien par le mal ?
Quand on dit sado-maso, on pense souvent : cuir, fouet, coups et blessures que cette pratique peut infliger... Si certains y voient une déviance inconcevable, d’autres y trouvent pourtant leur plaisir. Rencontre avec Catherine Cudicio, psychologue, et avec plusieurs témoins qui nous éclairent sur cette pratique souvent caricaturée...

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Le sado-masochisme (dit SM), par définition, désigne les relations sexuelles qui utilisent la douleur, l’humiliation et la domination dans la recherche du plaisir et de l’extase. Il y a bien évidemment différents degrés à cette pratique. Souvent "mal vue" par l’extérieur, la société ou encore les psychiatres, l’important n’est peut-être pas de juger, mais d’essayer de comprendre la relation sado-maso qui effraie autant qu’elle peut attiser la curiosité et même l’envie. A en croire certains forums de discussion et les nombreux magazines qui traitent de ce sujet, de plus en plus de femmes s’interrogent sur cette douleur qui ferait croitre leur plaisir. Quand aux hommes, ils semblent également de plus en plus nombreux à vouloir gouter aux joies de la domination ou de la soumission et donc de la relation sado-maso. Sex toys et menottes en tous genres s’étant bien démocratisés, on peut effectivement constater que le vent est en train de tourner… A travers différents témoignages et l’avis de la psychologue Catherine Cudicio, Le Journal du Couple tente d’y voir plus clair sur cette nouvelle tendance sado-maso…
Avant-propos
Les pratiques sado-maso sont aujourd'hui devenues moins taboues. Elles peuvent agrémenter l'imaginaire voire, sous une forme atténuée et occasionnelle, la sexualité de certains couples. Mais qu'en est-il du "vrai" sado-masochisme, fait de règles, de codes, de rites ? La plupart des adeptes disent avoir toujours été attirés par la soumission ou la domination. Peu d'entre eux ont pourtant conscience de l'origine de ce désir. La première expérience est vécue comme une initiation, qui permet le réajustement entre les fantasmes initiaux (souvent très violents) et la réalité de la relation sado-maso, encadrée par des limites précises. Dans le sado-maso, une grande importance est accordée aux décors, aux lieux, aux accessoires utilisés, qui concourent à une forme de théâtralisation des pratiques. Les mises en scène et les scénarios sont d'une grande importance, tout comme l'esthétisme. Porter un certain type de tenue est un des nombreux codes qui placent les individus dans leurs rôles hiérarchisés, admis et choisis. Les règles sont strictes, censées éviter tout débordement. D'ailleurs, tout peut être défini à l'avance, le scénario, les instruments utilisés ainsi que les limites qu’on s’impose. Les personnes adeptes du sado-maso subissent généralement de fortes pressions sociales, car souvent considérées comme "anormales", d'où de fréquents sentiments de culpabilité ou de honte. La femme se bat pour être l’égal de l’homme, le rôle de soumise dans les jeux érotiques pourrait donc paraitre contradictoire.

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Chéri(e), fais moi mal !
On a tous en tête la parfaite tenue du maitre sado-maso, tout de cuir vêtu, cravache à la main, menottant son esclave, en cuir également, ligoté et yeux bandés etc… Pour autant, tous les adeptes de la douleur durant les ébats, ne sont pas soumis à de tels rites. Audrey, 34 ans, nous raconte son expérience : "J’étais déjà amoureuse de F. avant de coucher avec lui. Dès notre troisième rapport sexuel, il a eu quelques gestes de "violence", je me suis alors posée beaucoup de questions ! Il a commencé par me tirer les cheveux, mais de façon très violente. J’ai eu très mal sur le coup, et pourtant, je n’ai rien dit. Je l’ai laissé faire.
Plus nous avancions dans notre vie sexuelle, plus il me faisait des choses dont je n’avais absolument pas l’habitude : insultes, fessées, pincements, morsures, griffures, et même quelques claques… Si j’avais imaginé tout ça avant de le connaitre, j’aurais hurlé ! Tout ça moi ? Jamais ! Hors de question… Ce n’était vraiment pas ma conception de l’amour et du sexe. Et pourtant, jamais je ne me suis opposée à ces pratiques avec F., je n’avais pas mal, bien au contraire, je ressentais beaucoup de plaisir et d’excitation. Quand il m'a demandé de lui infliger certaines souffrances, j’étais très hésitante au départ. Je n’osais pas y aller franchement. Et puis c’est venu d’un seul coup… Le voir prendre du plaisir sous mes fessées, mes griffures, me procurait également une forte excitation.
Nos ébats alternent entre "violence" et tendresse ultime. Après chaque rapport, je me demandais si j’étais "normale" et ce qui était en train de m’arriver, voire même si je n’étais pas devenue sado-maso. J’en discute très peu avec lui, c’est un peu notre jardin secret. Il n’a jamais proposé d’utiliser des objets, mais l’idée commence à faire son chemin dans mon esprit, c’est peut-être moi qui lui en parlerai.
Je me posais beaucoup de questions. Serais-je capable d’avoir à nouveau des rapports sans douleur avec un autre partenaire ? Vais-je aller plus loin dans la pratique ? Mais surtout, vis-à-vis de F, je me demandais comment il me percevait. Pouvait-il m’imaginer comme la mère de ses enfants ? Il m’a donné la réponse ! Pour lui, je suis la femme qu’il attendait. Il ne veut pas sacraliser le côté mère chez une femme, persuadé justement, que les hommes qui épousent une "mère" finissent par s’ennuyer et aller voir ailleurs. Il est persuadé qu’avec moi, justement, on ne s’ennuiera jamais. Pour le moment, je m’épanouis petit à petit dans cette relation. Je n’en parle à personne, pas même à mes amies. Quand j’entends l’une d’elle parler de ce genre de pratiques en commentant: "il y a vraiment des personnes tordues sur cette terre", je n’ose pas encore lui avouer que j’en fais partie !".

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Je veux du cuir
Mais alors, comment savoir si ce type de relation est considéré comme sado-maso ? Nous avons également rencontré Serena et Renaud, en couple depuis 15 ans et fondamentalement SM. Pour eux, la première importance est de rétablir une certaine vérité vis-à-vis des couples sado-maso. "Les gens s’imaginent tout et n’importe quoi, raconte Serena. Nous avons une vie complètement normale ! Un travail respectable, des enfants, des amis, un chat... Ce n’est pas marqué sur notre figure que nous pratiquons le sado-maso". Il est assez évident que pour la plupart des couples dont la sexualité n’est pas ancrée dans ce genre de pratiques, le SM est l’occasion de toutes les déviances. "Les gens font souvent l’amalgame entre fétichisme, échangisme, et sado-masochisme ! Mais c’est complètement faux, ajoute Renaud. Nous ne sommes ni échangistes ni fétichistes. Nous sommes au contraire très fidèles l’un à l’autre. Sans la confiance et l’amour, nos rapports sado-maso ne seraient pas possible. Et au quotidien, ça ne se voit pas. Personne n’a besoin d’être au courant et de savoir comment chacun prend son pied. Je ne juge pas les autres, ne me jugez pas. Nos enfants sont équilibrés, notre couple se porte très bien. Pouvoir vivre ses fantasmes avec la personne que l’on aime évite justement certains débordements à l'extérieur du couple".
Renaud et Serena n’ont pas toujours pratiqué le sado-maso. Cette envie commune est venue au fil du temps et petit à petit. C’est Serena l’initiatrice de ces pratiques. "Nous alternons les rôles. Je suis tantôt Maîtresse tantôt Esclave. Renaud, lui, aime davantage me soumettre qu’être soumis, mais il alterne également. Il nous arrive aussi d’avoir des rapports plus "normaux" ! Nous ne mettons pas toujours en scène nos ébats. Parfois, on fait l’amour spontanément, sans nos tenues ou nos objets, mais les rapports restent quand même sado-maso dans les pratiques."
Si on leur demande leur avis sur l’histoire d’Audrey, qui ne sait pas encore très bien où se situer, Serena et Renaud ont leur petite idée sur le sujet : "Audrey découvre qu’elle peut prendre du plaisir différemment. Que certains actes de souffrance ne sont plus de la douleur, mais au contraire du plaisir intense. Je ne sais pas jusqu’où elle ira, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est pas fermée à une autre forme d’acte sexuel. Elle découvre que le plaisir peut être n’importe où et surtout que les tabous peuvent être brisés. Elle se contentera peut-être longtemps de ce type de relation assez soft et sans tous les rites sado-maso. Peut-être aura-t-elle envie d’aller plus loin... Seul l’avenir le lui dira. Son compagnon a une remarque tout à fait juste sur la position de mère et d’amante. Beaucoup d’hommes ont des fantasmes qu’ils n’oseraient pratiquer avec la mère de leurs enfants. Ils ont bien tort ! Épouser une femme qui a le courage de ses fantasmes et qui va jusqu’au bout, ne fait pas d’elle une mauvaise mère ! Mais les hommes s’imaginent souvent que les bombes sexuelles ne sont pas assez "bien" pour le reste… Les mentalités doivent encore évoluer, commente Serena".
Pour Renaud, voici les questions qu’Audrey devrait se poser pour mieux définir son type de relation : "Le tout n'est pas d'aimer avoir mal pendant les rapports, mais plutôt de fantasmer sur le fait d'avoir mal. Et puis le SM n'est pas que de la douleur : il y a aussi la contrainte, l'entrave, etc. Se représenter dans ces situations la fait-elle fantasmer ?"

Vos commentaires
Invité | La notion d'échange de jeu de rôle n'est pas systématique.
Bonjour,
L’article présente le sado-masochisme avec des couples « switch ». Tous les adeptes de sado-masochisme ne pratiquent pas ce genre de jeux de rôle changeant. Dans une relation Sm, les rôles peuvent être plus codifiés.
Je parle avec expérience. Ma compagne et moi-même vivons une relation SM depuis près d’un an où les rôles sont définis depuis le début. Il n’y pas d’inversion de rôle.
Le début de notre relation a commencé avec la pratique de la fessée. Nous la pratiquions tous les deux depuis plusieurs années avant de nous connaître. Moi comme fesseur et elle comme fille à fesser. Rapidement cependant, nous avons été vers la domination-soumission qui est un de mes champs d’intérêt. Je l’avais pratiqué dans une relation précédente à un niveau édulcoré.
Ma compagne avait elle-même une tendance naturelle à la soumission domestique, mais en dehors d’une relation SM. Elle était quelque peu craintive où allaient aller nos jeux. Nous avons fait quelques séances édulcorées de domination-soumission au départ pour voir si elle suivrait. Lors de ses séances, il était nécessaire de faire de nombreuses poses pour doser ce qu’elle pouvait prendre ou non.
Nous avons aussi travaillé sur des séances de fessée de plus en plus dur pour tester le niveau qu’il nous convient. Par la suite, rapidement nous avons intégré graduellement la cravache, le martinet à 10 lanières fines et le flogger à 24 lanières en cuir épais «heavy». (N.B. Il existe des niveaux de dureté en matière de flogger de qualité. «heavy» est le maximum). Nous avons du apprendre à nous connaître et moi à maîtriser mes nouveaux accessoires.
Nous avons commencé par une relation maître soumise avec des «safe word». Mais cette forme de relation n’a pas duré plus de deux ou trois mois maximum. Plus elle était en confiance, plus elle ma laissée prendre l’initiative sans négociation.
Rapidement, elle a plongé dans la soumission d’esclave.
Pour un lecteur qui ne connaît pas le SM, il existe un débat sur la séparation entre esclave et soumise. À la base, la différence entre soumise et esclave marque la séparation entre la soumise qui peut refuser d’obéir et qui veut négocier les séances ou l’esclave qui choisi d’obéir simplement à son maître. En pratique, tous reconnaissent deux droits inviolables de l’esclave. Choisir son Maître et le quitter s’il n’est pas digne d’elle. Par digne, il faut entendre qu’il la traite de manière qu’elle accepte de le vivre.
Pour qu’une soumise devienne esclave, elle doit avoir très confiance en la personne qui la dirige, car elle n’a plus de «safe word».
Une esclave ne vit pas seulement sa soumission dans la chambre à coucher. Elle la vit tous les jours. Seule la manière de l’exprimer peut varier.
Invité | FOUET MOYEN DE CORRECTEMENT VALBLE
J'ai reçu de nombreuses fessées violente des coups bagutte très flexible de très nombreux coups de martinet de cravache et de fouet donné violemment lorsque j'étais à l'école primaire et je n'en suis pas mort et on ne fait moins de bêtises c'est le méthode que les hauts placés devrait préconiser
Invité | Excellent cet article !
Trés bien cet article, en tout cas totalement déculpabilisant pour les
adpetes de ce genre de pratiques.
Je suis surpris qu'aucune lecture psychanalytique n'ait été cependant
donnée sur le sado-masochisme.
Alors pourquoi en faire consyemment quand il s'agit du pied de la femme ?
Ce que je reproche à l'article qui a été fait sur le fétichisme du pied,
c'est que celui-ci met trop l'accent sur l'idée d'une relation exclusive
à cette partie du corps.C'est comme si on voulait nous faire croire que
quand on aime le pied de la femme, on aime que cela.
J'aimerais bien moi voir un article sur l'amour du pied de la femme qui
soit aussi lumineux que celui-ci.
Quand cesseras-donc le tabou du pied ? Quand arrêterons-nous de croire
que celui aime les pieds n'aime que cela alors que ceux qui n'aiment que
les seins sont sans doute plus nombreux ?
Il ne faut pas oublier que le sado-masochisme s'inscrit dans les
comportelents sexuels dit pervers et qui sont considérés comme tel quand
il s'agit du seul mode de jouissance.
Or, cet article ne souligne pas cet aspect des choses, personne ne nous
parle içi de l'exclusivité de la relation sado-maso alors qu'elle existe
elle aussi, ces couples qui ne peuvent avoir de satisfaction sexuelle
qu'en ayant des rapports de force !
Personnellement, je ne juge ceux dont la sexualité est dite perverse, ie
obtenur en dehors des rapports classiques, je trouve seulement étrage que
dés qu'il s'agit de l'amour du pied on nous parle de " fétichisme" comme
si c'était le seul type de rapport au pied de la femme, alors que le
sado-masochisme, lui, est prédenté comme un piment, un complément aux
relations sexuelles classiques.
De deux choses l'une : Ou on sert Dieu on ou sert le Diable.Dans cet
article aucune référence à la psychanalyse n' a été faite.Pourquoi ce
choix ?
Pour ne culpabiliser personne ? Parce qu'on a peur de dire que le sado-
masochisme c'est de l'homosexualité refoulée ou du coté de la femme un
désir inconscient d'etre corrigé par son pêre ?
Comment une psychologue peut elle mettre de coté cet aspect des choses ?
La prochane fois que vous pondrez un article sur l'amour du pied de la
femme, faites nous la grâce d'oublier Freud : Qu'il y ait des hommes
attirés exclusivement par les pieds des femmes et que cela puisse avoir
une signification particuliére, on s'en fout !
Car il faut bien comprendre une chose que les psychanalystes n'ont jamais
compris eux : C'est que la sexualité, avant d'être un rapport à l'autre
est avant tout un rapport à soi.La jouissance est une affaire privée; Nul
n'a le droit de juger ni de tenter d'expliquer le pourquoi de la façon
dont la perosnne utilise ou n'utilise pas son sexe !
Donc si vous servez Dieu, alors vous servez le multiple dans vos articles
et vous ne fates pas intervenir la psychanalyse, ce que vous n'avez pas
fais dans cet article.
Si vous servez le Diable, vous parlez de la psychanalyse avec ses vues
étriquées, étroites et certainement fausses.
On aimerait voir autantd elumiére et de vérité à propos de l'amour des
pieds des femmes qu'on en a vu dans cet article à propos du sado-
masochisme.
Rémy-Dan
Définir le coït comme le but sexuel est une erreur ! Le but sexuel c'est
le plaisir, le coït n'en est qu'une modalité, une possibilité, pas un
but.
Invité | sado maso
J aime étre puni,gronder.reçevoir des gifles et des efficaces fessées puni avec la cravache , le fouet,brosse,la canne.. ..ca me fait un grand plaisir sexuel
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Invité | Soumission masculine ou mauvais goût
Je remarque que beaucoup de site mettent l'emphase sur la soumission masculine. La majorité des images vont en ce sens. Suis-je seul à trouver que c'est particulièrement de mauvais goût? Les hommes soumis ne sont pas ma tasse de thé. Je suis un Dom et je cherche exclusivement des femmes soumises. Une femme en position d'autorité casse tout plaisir pour moi.
Presque tout les livres que je me procures ont soit les hommes en position de soumission soit voit le sm comme un simple jeu ou les rôles sont interchangeable. Je trouve qu'ils exagères.
Une personne sérieuse dans le sm connais normalement de quel côté de la clôture elle se trouve.